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Langues et formation

Une communauté "hispanohablante"

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Déjà parlé par 550 millions de personnes réparties sur cinq continents, l'espagnol est en train d'acquérir un véritable poids économique à l'échelle mondiale.

D'ici trois ou quatre générations, 10 % des habitants de la planète communiqueront en espagnol. Et le pays avec le plus grand nombre d'hispanohablantes - c'est peut-être là la vraie surprise - sera les Etats-Unis, qui devanceront même le Mexique, aujourd'hui en première place avec ses 120 et quelques millions de résidents. L'espagnol est déjà la langue maternelle de 41 millions de personnes aux Etats-Unis, auxquelles il faut ajouter 11 millions de bilingues: addition faite, ils ont dépassé la Colombie et surtout l'Espagne, depuis longtemps en crise démographique.

L'espagnol a mille ans d'existence et pourtant le poids du temps ne se fait pas sentir. L'idiome de Cervantès est en progression constante. Aujourd'hui, il est parlé par 6,15 % de la population mondiale. Il n'est pas en compétition avec le chinois mandarin (14,1 %), pour de simples raisons démographiques, mais les autres grandes langues de la planète ont déjà été prises de vitesse, à commencer par l'anglais, mais aussi l'hindi et l'arabe. Un monde de possibilités à ne pas gaspiller. D'où la naissance, annoncée dans la plus grande solennité par le roi Felipe VI lors de sa visite d'Etat au Mexique [début juillet], d'un examen unique qui devra permettre d'évaluer dans l'ensemble du monde le niveau de connaissance de l'espagnol.


Ni plus ni moins ce qui se passe déjà, depuis des lustres, avec l'anglais et ses épreuves gérées par l'université de Cambridge ou, dans le cas des Etats-Unis, par les célébrissimes tests du Toefl. Nul doute que ce sigle aussi deviendra vite d'usage commun : Siele - pour Servicio internacional de évaluation de la lengua espanola. Un gage de qualité à insérer dans son C V, un bon point pour décrocher un emploi. L'objectif est d'évaluer dans un premier temps au moins 300 000 candidats par an, puis 750 000 d'ici 2020. Les demandes ne manqueront pas. Elles devraient même commencer à arriver bientôt en quantité, puisque 21 millions de personnes à travers le monde étudient aujourd'hui le castillan, soit 1,5 million de plus qu'il y a un an. Sans oublier que dans plusieurs pays européens on enregistre une forte augmentation de l'intérêt pour l'espagnol : depuis la France jusqu'à l'Allemagne, en passant par l'Italie.

Un examen unique.

Et on peut supposer que la tendance sera à la hausse. Il suffit de songer que l'espagnol est déjà la deuxième langue sur Wikipédia en nombre de visites, derrière l'anglais. Un résultat non négligeable si l'on considère que l'encyclopédie virtuelle est disponible en plus de 280 langues. Idem sur Facebook et Twitter, où l'espagnol est la deuxième langue la plus parlée. Mais la véritable impulsion viendra de l'extraordinaire potentiel de développement économique offert par ce moyen de communication que constitue la langue officielle de 24 pays, qui possède le statut de langue "co-officielle" dans 12 autres et jouit d'une forte diffusion au sein de grandes communautés dans 30 autres, parmi lesquels le Japon, le Brésil, Israël et la Suisse.
Au fond, la force culturelle et économique de l'espagnol a donné vie à la première véritable mondialisation de l'Histoire, celle qui a démarré avec la découverte de l'Amérique. Et aujourd'hui, on estime que le poids économique de la communauté hispanophone représente 10,8 % du PIB mondial. A deux pas des 12,4 % de la Chine.

Article original: La Repubblica (extraits) Rome, Alessandro Oppes, publié le 8 juillet
Merci à Courrier International qui a publié cet article traduit dans son n° 1294 du 20 août 2015

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