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Langues et formation

Le changement en formation, c’est maintenant !

photo Philippe GilNous vous faisons partager ce très intéressant article de Philippe Gil publié sur Focus RH. Bonne lecture numérique!

Sous le triple effet du changement réglementaire apporté par la réforme de la formation professionnelle de 2014, de la transformation digitale de notre société et de notre économie et de l’émergence de nouveaux modèles pédagogiques numériques, la formation professionnelle a démarré sa révolution. Le changement c’est donc maintenant. Et les entreprises comme les particuliers l’ont compris.

Du côté du particulier : en route vers l’autodidaxie numérique

Nous sommes tous équipés de mobiles, de tablettes, d’ordinateurs, de TV connectés qui nous permettent de jouer, de se cultiver, se distraire, échanger, s’informer, communiquer, téléphoner, écrire, photographier, filmer, diffuser, poster, partager, liker, réseauter, twitter, acheter, vendre, échanger, louer, réserver ... Les usages numériques ré-inventent notre vie quotidienne, l’entreprise s’y met... La formation ne pourra être en reste.

Echanger les bonnes pratiques, apprendre du voisin en troquant un bien contre un conseil, se former à distance en visioconférence pour apprendre l’anglais, s’autoformer à l’aide de tutoriels pour s’approprier les logiciels, s’inscrire à un MOOC pour découvrir gratuitement un enseignement jusqu’alors réservé à certaines élites, s’abonner à une chaine Youtube pour tout savoir de la physique quantique expliquée à « monsieur tout le monde »... Autant d’opportunités qui accélèrent la disparition du frein culturel (nos collaborateurs ne sont pas prêts à s’autoformer) et du blocage technologique (« ça va bugger, c’est sûr ») derrière lesquels nombre de responsable de formation se sont réfugiés pour dire « c’est compliqué », « ils ne sont pas prêts », « ça ne marchera jamais ».

Fin de partie pour les digital learning phobes... Entrée en jeu du consommateur de formation, capable d’investir sur son avenir professionnel et son employabilité grâce à des ressources pédagogiques numériques disponibles 24/24, 7/7, performantes, parfois certifiantes, peu chères, voire gratuites. Ce consommateur apprenant qui renforce au jour le jour ses capacités à l’autodidaxie est aussi un salarié... et il va développer par construction un fort degré d’exigence par rapport aux solutions formation qui lui seront proposées dans son entreprise. La « user experience » du « learner » en salle ou à distance devra être forte et pertinente.

Du côté de l’entreprise : pression digitale à tous les niveaux

Innovation, disruption, digitalisation sont les 3 piliers de la mutation économique en cours. Tout cela pousse à l’usage de solutions numériques toujours plus puissantes, faisant de chacun de nous un travailleur connecté en quasi permanence, mêlant de plus en plus sphère privée et sphère professionnelle. Si les usages grand public ou professionnels se multiplient, viennent avec eux le risque de décrochage de certaines populations. Il persiste en effet un risque de fracture numérique car cette transition numérique de notre économie ne se fait pas sans heurts. Il faut, et c’est le devoir des RH et plus particulièrement de la fonction formation, s’emparer de la formation à la culture digitale.Quatre objectifs a minima : ne pas laisser sur le bord de la route ceux qui ne sont pas des digital native - et c’est encore la majorité de ceux qui exercent en entreprise -, accompagner les « users friendly » afin qu’ils comprennent la puissance de ces outils au-delà de leurs usages dans leurs sphère privée et l’usage raisonné qu’ils peuvent en faire en entreprise, renforcer la cohésion d’entreprise par des visions et des pratiques communes, rentabiliser au plus vite les investissements consentis dans le numérique. Et cette formation à la culture digitale doit se faire aussi par l’usage du digital pour être crédible et cohérente. Qui de la poule et de l’œuf ? Ce qui est sûr, c’est que le département formation doit lui aussi engager sa transformation digitale et embarquer ses collaborateurs ingénieurs pédagogiques et formateurs dans ce changement.

Du côté des organismes de formation : la fin d’un modèle unique

Pris dans la tourmente de la réforme de la formation professionnelle, le modèle du stage « inter-entreprise » est fortement ébranlé. Il en train de vivre l’impact des MOOC et des SPOC qui viennent perturber, ou plutôt percuter, une « vache à lait » établie depuis bien longtemps. Aller en stage devient un luxe qui se mérite. Si on devait faire le parallèle avec l’industrie musicale, et la révolution numérique qu’elle a traversée, on pourrait dire que si le coût d’accès à l’œuvre musicale a chuté fortement, celui de l’accès au spectacle vivant (concert...) a, quant à lui, fortement augmenté. Mais la qualité et la sophistication du spectacle et de la performance aussi ! Ce degré d’exigence, nous allons le retrouver pour les formations en salle.

Exit le formateur moyen, la salle exiguë et figée qui sent le renfermé, les méthodes pédagogiques et outils datés... Bienvenue au nouveau formateur connecté, maître de l’engagement de ses apprenants, chef d’orchestre d’une partition sophistiquée, dynamique, digitale et qui donne du plaisir. Le formateur qui sait ce que veut dire « tirer la quintessence d’une dynamique de groupe », et comprend la valeur de ce temps investi. Plaisir d’apprendre, enfin ! Car, oui, le digital en formation pénètre la salle de cours.

Désormais habitué à chercher et trouver l’information de façon instantanée et massive le stagiaire ne voit pas l’intérêt d’écouter quelqu’un lui transférer une matière sans forte valeur ajoutée. Son degré d’exigence monte, son impatience aussi. La valeur du temps passé en salle doit être à la hauteur de ses attentes.

Côté intra et sur-mesure aussi, les organismes de formation sont challengés. Faire mieux, plus vite, plus efficace, plus ludique et, si possible, moins cher. La dimension ingénierie devient dès lors prépondérante. La capacité des chefs de projets à se muer en architecte, en ensemblier d’offres et de solutions à combiner, devient une compétence majeure. Fini le chef projet passe-plat et passe partout, son spectre de compétence doit s’élargir à toutes les dimensions de l’ingénierie multi-modale avec une capacité à mobiliser toutes les dimensions du synchrone, de l’asynchrone, du distanciel, du présentiel, du numérique et du physique.

Encore faut-il avoir conscience et connaissance de comment fonctionne la matière sur laquelle on agit : le cerveau. Là aussi, l’apport du numérique et le travail effectué ces dernières années en neurosciences viennent bouleverser la lecture même que nous pouvions avoir de la cognition. Le « neurolearning » est un champ fantastique qui s’ouvre aux professionnels de la formation : savoir combiner les apports des découvertes récentes en matière de neurosciences et la puissance des solutions numériques afin de créer des dispositifs de formation au service de la performance. Bienvenue dans l’univers de la complexité mais aussi du challenge, de l’intelligence et de la valeur ajoutée en formation.

Un marché et de la formation qui se transforme

Les GAFA and co : l’éducation a toujours été un secteur de prédilection des deux acteurs historiques que sont Apple et Microsoft. Chacun avait bien compris combien il était utile d’éduquer les plus jeunes le plus tôt possible à utiliser ses solutions, comptant bien en faire des consommateurs adeptes de leurs marques et de leurs produits dans la durée. Mais aujourd’hui, la donne a changé et les grands acteurs de l’internet s’intéressent à la formation comme un secteur lucratif à part entière. Intel vient de lancer son incubateur de start-up dans la Ed-Tech. Google une offre de formation au numérique. Bill Gates a investi dans la Khan Academy

Stratégie de convergence des acteurs et cross-market : la porosité des marchés de l’information et du capital humain s’affirment. Rachat de Linda par LinkedIn, rachat de Technomedia par Cegid, rachat de Crossknowledge par Willey, rachat de Daesign par Editis (Bordas). Les grandes manœuvres entre les secteurs de l’édition et de la formation s’activent. Celles entre opérateurs de SIRH et de talent ou learning management system aussi.

Les start-up disruptives : les organisateurs de salons spécialisés en sont les témoins : il y a de plus en plus d’exposants et donc de nouveaux entrants sur le marché de la formation. Ce secteur s’identifie chez les spécialistes de Private Equity sous le label de EdTech. Et c’est un segment qui compte et va compter de plus en plus*.

Vers les éco-systèmes d’apprentissage

Si les nouveaux dispositifs pédagogiques numériques sont la partie émergée de l’iceberg (mobile-learning, classe virtuelle, e-learning, serious game, présentiel numérique, classe inversée, apprentissages informel, social-learning, MOOC et ses déclinaisons...), force est de constater que le digital s’insère aujourd’hui dans l’ensemble des étapes du processus formation. Du diagnostic des besoins jusqu’à l’intégration des données dans le SIRH, la numérisation des interactions se généralise et la nécessité de l’intégration de services s’accélère. En parallèle, la notion de formation semble se reconfigurer et s’étendre au fur et à mesure : documentation, information, communication, knowledge management, réseaux sociaux autant d’occasions d’accélérer les apprentissages informels. Nous assistons ainsi à l’émergence d’écosystèmes pédagogiques rendus possibles par l’apport du numérique.

La formation se réinvente à l’aune du numérique. Pour réussir efficacement et durablement sa mutation, il faut à la fois maîtriser les fondamentaux de la formation et de la cognition, mais aussi comprendre les nouvelles technologies et avoir une vision claire des changements profonds en cours pour pouvoir s’adapter sans rompre brutalement avec les modèles actuels. Il s’agit de réorienter la stratégie, l’organisation et les méthodes de la formation. Un magnifique challenge pour les professionnels de ce secteur.

*Cette année dans le cadre des LearnInnov Genius (Prix décerné par IL&DI en partenariat avec Bpifrance, Numa et Cap Digital) qui récompensent les jeunes entreprises innovantes du domaine de la formation, plus de 35 dossiers ont retenu l’attention du jury avec des approches réellement innovantes et parfois disruptives.

Article original sur http://www.focusrh.com/tribunes/le-changement-en-formation-c-est-maintenant-par-philippe-gil-28659.html

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